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Rencontre avec Mercedes Marcó del Pont: "Il nous faut créer un Etat"

Abril 4, 2011


Présidente de la Banque Centrale Argentine (BCRA) depuis février 2010, Mercedes Marcó del Pont était l’invitée de l’association Marianne, le 18 mars dernier. Elle a défendu avec passion le modèle de développement promu par les époux Kirchner, soucieux d’un marché intérieur solide et de justice sociale, tout en reconnaissant les efforts à fournir en matière institutionnelle. L’inflation ? Un moindre mal lié au dynamisme économique

Nièce de Rogelio Frigerio, le père du "développementalisme" (desarrollismo) argentin, Mercedes Marcó del Pont est entrée dans la vie politique, dit-elle, "par l’économie". Diplômée de l’UBA et de Yale (master en économie internationale et développement), cette quinquagénaire souriante a longuement défendu le "projet Kirchner" à l’occasion d’une présentation devant l’association franco-argentine de femmes d’affaires Marianne, à l’ambassade de France.

Mystique politique

Militante, à l’université, de l’Unión Nacional de Estudiantes (regroupant développementalistes et péronistes), Mercedes Marcó del Pont a longtemps refusé de descendre dans l’arène politique: "Je préférais contribuer en critiquant depuis l’extérieur du système". Dans les années 90, fidèle à ce qu’elle appelle "l’esprit anti-conformiste argentin", elle critique vivement la convertibilité entre le peso et le dollar (le "uno a uno") et adhère, en 2001, au Plan Fénix emmené par Aldo Ferrer (actuellement ambassadeur en France), un plan de sortie ordonnée de la convertibilité. Mais elle ne franchit le pas qu’avec l’élection de Néstor Kirchner à la présidence et le retour "d’une mystique politique": en 2005, elle est élue députée nationale pour le Frente para la Victoria puis nommée, en janvier 2008, présidente du Banco de la Nación Argentina. Elle préside la Banque centrale depuis début 2010.

Croissance et intégration sociale

Pourquoi un si fort "engagement" ("un enorme compromiso") dans "ce projet, ce plan, cette idéologie" ? Mercedes Marcó del Pont s’en explique bien volontiers: ce gouvernement "fantastique" revendique "des objectifs qui avaient été abandonnés, comme la consolidation du marché intérieur, le choix de l’industrialisation, l’universalisation des droits, à l'instar de l’asignación por hijo". Ainsi que l’investissement public: cette haute responsable a souligné l’effort fourni en faveur de l’éducation technique et la création du ministère de la Science et la Technologie. Et d’insister: "Ce ne sont pas des concepts abstraits, ce n’est pas le capitalisme financier, il s’agit d’accroître les salaires, les retraites, le plein emploi de qualité, bref, d’agir en faveur des travailleurs et du peuple". En une phrase, le projet K, c’est "une croissance économique avec l’intégration sociale (inclusión social) et l’égalité" et tout cela, sans s’endetter vis-à-vis de l’extérieur. Et Marcó del Pont de regretter, à cet égard, que les banquiers centraux ne se soucient guère de "l’économie réelle". A la tête de l’institution argentine, sa présidente se félicite quant à elle de distribuer des crédits aux PME pour en encourager le développement.

Inflation, moindre mal
L’inflation? Un moindre mal, a-t-elle expliqué en substance, la compagne naturelle et bénigne de la croissance et de la redistribution des richesses: "Le processus actuel est durable (sustentable) en termes macro-économiques". Mercedes Marcó del Pont estime aussi que l’inflation tient "à la conduite très court terme" des Argentins et au manque de "capacités productives". Apprécier le peso ? "Nous nous y refusons pour ne pas porter préjudice aux entreprises locales". Freiner la hausse des salaires pour refroidir la demande? Pas davantage! Le marché intérieur est le moteur d’une croissance endogène et juste socialement, donc durable.
Bien sûr, il reste fort à faire, reconnaît-elle: "Nous avons besoin d’un Etat intelligent, car nous sommes encore un pays sous-développé". A la question d'une chef d’entreprise rentrée d’Europe pour investir en Argentine, mais dont les containers sont bloqués en douane depuis des mois, elle a répondu que ces désagréments étaient "transitoires" et rappelé que "l’Argentine présente aujourd’hui le taux d’ouverture extérieure le plus élevé de son histoire". Non sans bonne grâce, elle a pris acte du temps perdu dans les démarches administratives et sollicité un effort de compréhension: "Il nous faut encore créer des capacités de régulation, des institutions qui fonctionnent, bref un Etat".

Texte et photos de Barbara VIGNAUX (www.lepetitjournal.com - Buenos Aires) lundi 4 avril 2011
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